Comment faire face à la mode du sans gluten quand on est coeliaque ?

Le mode de vie « healthy » et « gluten free » faisant de plus en plus d’adeptes,  les vrais cœliaques ne savent parfois plus trop quoi penser des plats prétendument « sans gluten » au restaurant, des pains « sans gluten » des boulangeries ou encore, souffrent de ne pas être pris vraiment au sérieux par les restaurateurs.

Alors face à un « oh vous les gens qui voulez un plat mais qu’il n’y ait rien dedans, allez manger ailleurs ! »*  Il vaut mieux avoir un discours prêt à dégainer, on vous livre nos astuces qui feront que le chef ne vous mettra pas de croûtons dans la salade !

*oui oui, c’est du vécu.

AUPrès de restaurateurs

« J’ai une maladie auto-immune »

Eh oui, la maladie coeliaque est une maladie auto-immune, c’est à dire que le corps produit lui-même des anticorps qui lui font du mal ! Dans le cas de la maladie cœliaque, le gluten pousse le corps à produire des anticorps qui détruisent l’intestin !

Comme le terme de « maladie auto-immune » est un peu « technique », il s’avère plutôt efficace. Surtout que les maladies auto-immunes les plus connues sont la sclérose en plaque et le lupus ! (eh, on est contents de n’être « que » cœliaque là, pas vrai !?)
Alors oui ça fait peur, mais en même temps, si on ne veut pas prendre de risque, autant effrayer l’ennemi !

« Mes réactions peuvent devenir incontrôlables »

Sans parler d’œdème de Quincke (ce qui serait un mensonge éhonté !) vous pouvez parler de vos réactions digestives (réelles) en en rajoutant un petit peu…. La perspective d’avoir les toilettes d’un restaurant bloquées par un intolérant au gluten devrait calmer le gérant de toute velléité de ne pas suivre vos instructions.

Assommer le chef de questions

Une autre petite technique qui marche bien est de ne pas commencer par la question « ce plat contient-il du gluten ? » mais plutôt, selon le plat, d’adapter les questions spécifiques qui peuvent concerner ce plat.

« Est-ce que votre plat contient : un fond de sauce blanche ? de la sauce soja ? de la chapelure ? est frit avec de la farine ? des croûtons ? du pain ?… »
Normalement la longueur de la liste devrait vous faire prendre au sérieux.

Etre encarté à l’AFDIAG

Dégainer sa petite carte personnelle avec le logo épi de blé barré, ça peut faire rire les copains, mais ça peut être bien utile. Bien que nous soyons membre de cette association et que nous lui devons beaucoup (le remboursement des produits sans gluten et le logo épi de blé barré sur les produits industriels,  merciiiii l’AFDIAG) , avouons-le, cette carte n’est pas la preuve à conviction N°1 que vous sortiriez pour prouver que vous êtes cool. Pourtant elle peut s’avérer bien utile dans ce processus de légitimation. En effet, quel « fashionista » suivant le régime sans gluten pour mincir ferait la démarche d’adhérer à l’AFDIAG et de se balader avec la carte sur elle en toutes circonstances ? Aucune. De fait, très peu de personnes suivant le régime sans gluten mais non-cœliaques sont adhérentes de l’AFDIAG. VOILA LA DIFFERENCE !!!

AUPRÈS DE vos amis

Il y a deux cas de figures : les gens que vous venez de rencontrer, qui ne connaissent rien au gluten sinon les quelques hashtags qu’ils ont vu passer sur les réseaux sociaux ; VS vos potes qui ont toujours su que vous aviez un problème avec la nourriture, mais qui n’ont pas forcément intégré le fait que ce soit une maladie.

Pour les novices qui n’ont jamais entendu parler de gluten :

« Gluten free 101 » : le gluten me rend malade

C’est jamais évident d’expliquer ça de prime abord, mais finalement, parler de diarrhées à quelqu’un que l’on vient de rencontrer, ça brise la glace ! N’y allez pas par 4 chemins : « je suis intolérant au gluten, si je mange du pain, des pâtes ou des gâteaux, je vomis ». Voilà, comme ça c’est clair. Avec la bonne intonation, vous pouvez même faire une petite référence à cette scène de la cité de la peur, devenue culte : https://www.youtube.com/watch?v=sQGXw4R-VAU

Et hop, vous embrayez sur votre culture cinématographique commune, et vous avez déjà des points communs !

Pour vos amis qui,  depuis cette vague de gluten free, vous questionnent sur le bien-fondé de votre régime :

« Non, je ne me prive pas de ma vie d’étudiant pour le plaisir »

Essayez de les raisonner deux secondes en remettant les choses dans leur contexte. Pensent-ils vraiment que le fait de refuser d’aller boire des bières, de devoir éviter tous les fast food et de devoir payer 4X le prix pour le moindre aliment de substitution soit pour vous une partie de plaisir ?
Posez leur la question et attendez leurs réponses. Ca devrait les calmer !

Allez, maintenant ne laissez plus personne vous déstabiliser et mangez sans gluten tranquille ! Si vous avez d’autres astuces à partager en commentaires dites-les nous !

PS : Si vous vous sentez un peu seul quand vous parlez du gluten, pourquoi ne pas venir à la prochaine rencontre de l’AFDIAG ? Il y a en a tous les trimestres !

 

4 réflexions sur “Comment faire face à la mode du sans gluten quand on est coeliaque ?

  1. HOUZET-DURIEZ dit :

    Merci pour ces quelques lignes.
    En tant que parent d’une petite fille cœliaque, je ressens beaucoup de difficultés avec les autres (autres parents, personnels scolaires, propres parents…) heureusement pas tous, mais avec certains en effet, qui me donnent l’impression que j’exagère ou que j’en demande trop.
    (La longueur de liste citée plus haut me donne moi plus l’impression d’être pénible et agaçante).
    Si vous avez encore d’autres « trucs » : « phrase type », façon d’exprimer les choses, de « demander » les choses, je suis preneuse.
    Merci encore ! ça soulage déjà de se sentir moins seul 😉

  2. veber dit :

    cela fait 43 ans que je suis coeliaque . quand j’ai commencé à sortir au restaurant avec mes amis, je me suis vite rendu compte que de poser les questions aux serveurs était un calvaire.

    rapidement, j’ai constaté que beaucoup d’entre eux ne connaissaient rien au gluten, alors il valait mieux exagéré les symptômes en leur rappelant le n° du SAMU car cela entrainait un vrai aller-retour aux cuisines avec de vrais réponses.

    Le gluten n’est pas connu aussi bien qu’auprès des intolérants….il faut savoir être patient et ne pas rester dans l’ignorance de ce qu’on mange à l’extérieur.

  3. Mocude dit :

    Bonjour j ai 41 ans et j ai la maladie cœliaque j ai été gravement malade à l âgé de 11 mois et ont ma découvert cette maladie a 12 ans ma maman a arrêter mon régime car elle m a dis que je n avais plus cette maladie pendant 30 ans j ai manger du gluten et il y a 2 mois je fesait sans cesse des malaises des gonflements de ventre diarrhée et des mal de ventre et on ma dis que j avais encore cette maladie et que je n avais plus le droit au gluten a vie c est très difficile car je me dis comment je vais faire pour le restaurant aller manger chez les gens c très dur pour moi mais je vais me battre et y arriver

  4. MERCADER dit :

    Bonjour, oui vraiment très difficile d’être compris(es) par les autres quand on est malade coeliaque. Rien de prévu dans les cantines scolaires !!! Les restaurateurs nous prennent pour des farfelus. Même dans certains restaurants « sans gluten » il n’est pas évident de se faire comprendre par certains employés qui n’ont aucune idée de la maladie (lavage restreint des mains, épaississants pour sauce contenant encore du gluten ou utilisation de préparations culinaires, genre bouillon cube). Surprise aussi d’entendre encore qu’il est possible de manger un chocolat « Kinder » eh bien NON pour les vrais malades coeliaque impossible ! Pour manger du chocolat il faut payer très cher (marque IKALIA qui fait heureusement un chocolat sans gluten et bon mais qui est considéré comme un luxe inutile par la sécu !).

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