Coline – Je mange sans gluten depuis bientôt 20 ans

Dans les jours suivant le diagnostic d’un intolérant au gluten, on assiste systématiquement à la perte de son insouciance. Il s’agit de son insouciance alimentaire, celle qui lui permet d’accepter le goûter de son voisin dans la cour de récré, ou d’accepter sans hésiter une invitation à dîner. Permettre à des coeliaques de retrouver cette insouciance est le défi que s’est lancé l’AFDIAG depuis 1989.

A 2 ans, après plusieurs semaines de dénutrition progressive et d’arrêt de ma croissance, j’ai été diagnostiquée coeliaque. Mes parents ont tout de suite adhéré à l’AFDIAG, en quête d’informations sur cette maladie, alors très peu connue, et carrément pas aussi fashion qu’aujourd’hui. Ils ont toujours fait en sorte de ne jamais me priver de ce dont pouvaient profiter les autres enfants. J’allais aux anniversaires… avec ma part de gâteau et mes bonbons ; je mangeais à la cantine… en apportant mon repas ; je partais en colonies de vacances… avec une deuxième valise remplie de nourriture, à remettre au cuisinier en arrivant. Malgré tous leurs efforts, on m’a toujours demandé « Pourquoi tu ne manges pas comme nous ? »

Puis l’adolescence est arrivée, avec son impérieux besoin de se sentir intégrée, comme tout le monde, « normale ». Avec le besoin de se rebeller contre ses parents aussi. Braver l’interdit, pour certains, c’était sécher les cours, fumer, boire. Pour moi, c’était manger un Kinder Bueno. Je vous l’accorde, ça prête à rire.

Et puis, à 14 ans, je suis partie avec l’AFDIAG. « Une semaine de colonie de vacances sans gluten », m’avait dit ma mère, mais sur le papier, il y a marqué « stage d’éducation nutritionnelle ». Ouh là, ça sent pas bon, ça ! En plus on m’a dit d’apporter un cahier…  En arrivant, je trouve des enfants qui mangent les mêmes gâteaux « bizarres » que moi, et des animateurs qui nous expliquent qu’eux non plus ne mangent pas de gluten. Comme tous les autres, je n’en revenais pas !